Fondée en 2014, l’association “Pionniers de Changement pour le Développement et la Culture” s’est d’abord illustrée par ses initiatives culturelles novatrices, notamment des lectures en plein air destinées à redonner vie aux espaces publics et à promouvoir la culture de la lecture à Oujda.
Au fil des années, son champ d’action s’est élargi pour embrasser des thématiques majeures : migration, culture, démocratie participative, droits humains et environnement.
Grâce à une équipe engagée et une vision claire, l’association a su pérenniser ses réalisations et s’imposer comme acteur incontournable du vivre-ensemble dans l’Oriental marocain. Une dynamique à laquelle PRIM a pu contribuer lui donnant davantage d’élan et de perspectives.
D’abord un espace et des ambassadeurs d’inclusion : la “Maison du Vivre Ensemble”
C’est à travers un premier financement du programme PRIM que l’association a pu concrétiser un concept devenu emblématique : la Maison du Vivre Ensemble.
Cet espace, situé au cœur d’Oujda, offre un siège permanent, du matériel et des espaces dédiés aux jeunes, étudiants, clubs et associations émergentes, leur permettant d’organiser des activités autour de l’interculturalité, du dialogue et de la citoyenneté partagée.
Parce qu’un lieu ne suffit pas, l’association a formé et mobilisé des jeunes nommés ambassadeurs du vivre ensemble. La première promotion de 10 jeunes, composée de marocain-e-s et de migrant-e-s subsaharien-e-s (notamment de Côte d’Ivoire et du Niger), a été formée pour devenir ambassadeurs et ambassadrices du vivre-ensemble.
Ces jeunes leaders ont animé ateliers, cafés-débats et rencontres de concertation sensibilisant la population aux valeurs de tolérance, d’égalité et de cohésion sociale.
Ensemble pour une coexistence interculturelle
Depuis juin 2024, la seconde phase du projet PRIM, intitulée “Ensemble pour une coexistence interculturelle : Oujda, une société plus harmonieuse”, amplifie l’impact du premier programme.
Elle s’adresse à un public mixte de jeunes marocain-e-s et migrant-e-s, aux acteurs institutionnels et au grand public, à travers un calendrier riche de 12 activités majeures organisées à raison d’une par semaine.
Une seconde promotion de 20 ambassadeurs et ambassadrices bénéficie cette fois d’une formation approfondie sur l’interculturalité, la déconstruction des stéréotypes et la communication non violente.
Ces jeunes sont ensuite déployé-e-s pour animer ateliers, formations et débats publics, faisant de la jeunesse un levier concret de transformation sociale.
Parmi les activités les plus marquantes du projet, celles menées par les Pionniers du Changement se distinguent par leur dimension inclusive et créative, plaçant l’humain au cœur du vivre-ensemble. Les sessions d’art-thérapie, destinées aux enfants dès l’âge de quatre ans et encadrées par un psychologue, offrent un espace d’expression et de reconstruction face aux traumatismes de l’exil ou à la marginalisation. Dans le même esprit, la Foire Africaine d’Oujda, dans sa troisième édition est devenue un rendez-vous incontournable où se côtoient chants, danses, artisanat et gastronomie du Maroc, du Sénégal ou de la Côte d’Ivoire — un véritable hommage à la diversité et à la richesse des cultures africaines. Le Festival de l’inclusion et de la coexistence, organisé dans six écoles primaires, engage quant à lui élèves, enseignants et parents dans une démarche de sensibilisation par le spectacle et le témoignage, semant dès l’enfance les valeurs du respect et de la solidarité. À travers un tournoi sportif interculturel, le sport devient un langage universel, fédérant marocain-e-s et migrant-e-s dans un même esprit d’équipe et de fraternité. Enfin, le concours d’innovation sociale mobilise les jeunes ambassadeurs et ambassadrices autour de la recherche de solutions concrètes pour renforcer l’intégration et la cohésion, récompensant leur créativité et leur engagement par des tablettes symbolisant l’avenir et la connaissance partagée.
Le projet « Ensemble pour une coexistence interculturelle », porté par l’association Pionniers du Changement pour le Développement et la Culture, a touché un total de plus de 3 400 bénéficiaires, combinant impact direct et indirect. En plus des 20 jeunes Ambassadeurs et Ambassadrices du Vivre Ensemble qui ont été formé-e-s, les activités éducatives, artistiques et citoyennes ont impliqué 150 jeunes marocain-e-s, 156 ressortissant-e-s de pays tiers ainsi que 66 enfants (dont 13 enfants migrant-e-s et 53 enfants marocain-e-s). Au-delà de ces bénéficiaires directs, le projet a mobilisé et sensibilisé un public élargi de près de 3 000 personnes à travers festivals, foires, ateliers et campagnes de communication, tout en renforçant la collaboration avec 23 institutions publiques et organisations de la société civile, contribuant ainsi à ancrer durablement la culture du vivre-ensemble à Oujda.
Un impact durable et des perspectives prometteuses
Dix ans après sa création, l’association “Pionniers de Changement” a su accompagner les besoins de son territoire avec une fine écoute des besoins et une forte implication sur le terrain. Elle s’impose, aujourd’hui, comme laboratoire citoyen du vivre-ensemble.
Le concept de la Maison de Vivre Ensemble est désormais une réalisation pérenne, ouverte à tous ceux qui croient à la force du dialogue interculturel.
Aujourd’hui, l’association est membre du Réseau de Migration Orientale (RMO), plateforme de coordination entre institutions publiques et société civile, favorise un dialogue continu sur les enjeux migratoires régionaux.
Grace à PRIM, l’association, a pu renforcer sa force de frappe avec un renforcement des capacités des jeunes ambassadeurs et ambassadrices, élargir son périmètre de rayonnement, avec la création d’espaces de rencontre inédits mais surtout visibiliser et intégrer des communautés migrantes comme acteurs à part entière du tissu social oujdi.
Cette expérience avec PRIM, lui a donné un élan et de l’ambition pour tout le Maroc. En perspective de la coupe d’Afrique, elle a développé une application qu’elle a appelé “Migrant Help”, une application d’orientation destinée aux migrants nouvellement arrivés au Maroc. Elle centralise des informations pratiques sur les services publics, associations d’aide humanitaire et lieux culturels. Lancée, en test, à Oujda en 2021, elle vise à étendre son orientation pour plusieurs autres villes : Nador, Fès, Marrakech, Tanger et Agadir.